Méthodes
Vérifier une réponse IA avant de la publier
Une grille pratique pour contrôler faits, sources, calculs et promesses dans un brouillon.
Un texte bien écrit peut contenir une information fausse. Le ton assuré d’un assistant ne prouve ni qu’il a consulté une source, ni que ses chiffres sont corrects. Pour une petite entreprise, publier un mauvais tarif, une fonctionnalité inexistante ou une citation inventée peut suffire à perdre la confiance d’un client.
OpenAI explique que ChatGPT peut produire des erreurs factuelles et recommande de vérifier les informations importantes. La méthode proposée ici transforme ce principe en une routine éditoriale courte. Elle s’applique aux articles, publications sociales, réponses commerciales et fiches produits.
Repérer ce qui doit être prouvé
Relisez le brouillon en soulignant quatre familles d’affirmations : les nombres, les caractéristiques, les noms ou citations et les engagements. « Livraison sous 48 heures » est un engagement. « Compatible avec tous les smartphones » est une caractéristique très large. « Selon une étude récente » annonce une source qu’il faut retrouver.
Les conseils de rédaction peuvent être évalués par jugement. Une affirmation sur un produit ou une réglementation demande, elle, une preuve adaptée. Ne donnez pas le même poids à une opinion de style et à une donnée utilisée pour décider.
Créer une liste de contrôle
- Quelle est l’affirmation exacte ?
- Où se trouve sa source originale ?
- La source parle-t-elle du même produit, pays et contexte ?
- La date est-elle pertinente ?
- Faut-il corriger, nuancer ou retirer la phrase ?
Dans un comparatif logiciel, cherchez d’abord la documentation et la page tarifaire de l’éditeur. Dans une présentation de votre offre, votre devis ou contrat constitue la référence. Pour une règle juridique, consultez le texte officiel ou un professionnel compétent lorsque votre décision l’exige.
Ouvrir les sources
Une liste de liens ne suffit pas. Ouvrez chaque source utile et retrouvez le passage qui soutient l’affirmation. Un lien vers la page d’accueil d’un éditeur ne prouve pas une fonction précise. Une page indisponible ne peut pas servir de validation. Une source peut également être réelle tout en ayant été mal comprise.
Si l’outil ne dispose pas d’un accès web, demandez-lui de l’indiquer. Un bon brouillon peut porter la mention « tarif à vérifier » plutôt que présenter une donnée ancienne comme actuelle. Lorsque vous consultez une page variable, notez la date de consultation dans votre dossier de travail.
Recalculer les nombres
Supposons un exemple fictif : 80 commandes à 25 euros donnent 2 000 euros de chiffre d’affaires, pas 2 000 euros de bénéfice. Il faut ensuite distinguer coût des produits, livraison, publicité, frais de paiement et autres dépenses. Un assistant peut aider à structurer le calcul, mais contrôlez les unités et les opérations avec une calculatrice ou un tableur.
Vérifiez aussi les pourcentages. Une baisse de 100 à 80 représente 20 %. Revenir de 80 à 100 nécessite une hausse de 25 %. Les deux comparaisons ne partent pas de la même base.
Une dernière lecture orientée client
Demandez : « Dans ce texte, identifie les affirmations factuelles non soutenues par les documents fournis. Ne crée pas de nouvelles sources ». Puis relisez vous-même. Un assistant peut manquer une erreur ou en introduire une pendant la correction.
Conservez la version finale et les preuves importantes. Quand une donnée manque, trois choix restent possibles : la rechercher, écrire une réserve précise ou enlever l’affirmation. Le contrôle devient beaucoup plus simple lorsqu’on accepte de publier moins de promesses et davantage d’informations vérifiables.